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Des heurts et du gaz lacrymogène lors de la manifestation lilloise contre les violences policières, ce mercredi 10 juin

Article et photographies réalisés par Lise Sauvage et Kevin Piotrowski.

Le mouvement d’indignation et de protestation contre toute forme de racisme et de violences policières se poursuit. Mercredi 10 juin, malgré quelques confusions au sujet de la date de cette nouvelle journée de mobilisation, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur la Place de la République.

La mère de Matisse, jeune homme percuté par un train en 2017, alors qu’il fuyait un équipage de forces de l’ordre, s’est exprimée sur l’histoire de son fils, avant de rappeler à toutes les personnes interpellées, quelque soit la raison, quelque soit leur couleur de peau, qu’ils avaient le droit de garder le silence, qu’ils avaient le droit à un avocat, qu’ils avaient le droit d’être vouvoyé et avant toute chose, respectés.

Par Lise Sauvage

Une utilisation massive des grenades lacrymogènes

Par Kevin Piotrowski

Le début de marche s’est révélé compliqué. Les CRS ont bloqué une grande partie des rues alentours de la place afin que la manifestation contre le racisme n’ait pas lieu. Les manifestants se sont alors dirigés vers le Boulevard de la Liberté, seul axe alors dégagé, avant de gagner le quartier populaire de Wazemmes.

La grenade lacrymogène a été utilisée de manière massive lors de la manifestation. Rappelons que le gaz lacrymogène provoque irritation, et à long terme : Problèmes respiratoires, irritation des voies respiratoires, nausées, voir vomissements, irritation des voies lacrymales et des yeux, spasmes, douleurs thoraciques, dermatites et allergies. Le gaz lacrymogène est dangereux et avant tout mortel. De plus, beaucoup de jeunes souhaitaient manifester leur désarroi concernant les violences policières mais également protester contre le racisme que certains subissent au quotidien de la part de policiers. Ces jeunes ne sont pas des habitués de manifestations, causant donc de graves conséquences psychologiques, comme des crises d’angoisse ou des traumatismes.

Par Lise Sauvage

La marche s’est poursuivie au sein du quartier, où de nombreux enfants furent gazés. Ce dernier finira même par rentrer dans les immeubles bordant les rues. Face à cette situation, les habitants ont d’ailleurs évoqué leur détresse aux CRS déployés. Aucune réponse ne fut donnée suite à leur interpellation.

Un contrôle d’identité réalisé de manière illégale

À plusieurs reprises, les véhicules de la BAC et des CRS ont été visés par des jets de projectiles émanant de quelques individus belliqueux, en large minorité. La manifestation a alors pris un autre tournant. Une centaine de personnes ont été regroupées, Rue de Buffon, d’où s’est rapidement élevé un épais nuage de gaz lacrymogène.

Durant ces événements, l’ensemble des journalistes et photographes présents pour couvrir la manifestation ont été tenus à distance. Notre équipe a alors demandé s’il s’agissait d’un simple contrôle d’identité ou s’il s’agissait d’arrestations, ce à quoi les policiers ont répondu ne pas savoir.

Par Kevin Piotrowski

Pendant près d’une heure, les forces de l’ordre ont procédé à des contrôles d’identité sur les manifestants « nassés ». Selon des manifestants, ces derniers ont été réalisés de manière curieuse : Ils ont eu l’obligation de donner leur prénom, nom, date de naissance et adresse devant la caméra des forces de l’ordre, avant de filmer leur carte d’identité. Un dispositif particulièrement humiliant pour les manifestants, souvent jeunes ou étudiants, et avant tout illégale. Selon l’article 78-5 du Code de procédure pénale, toute personne ne pouvant attester de son identité peut être soumise à une prise d’empreintes digitales ainsi qu’à une photographie, et non à une vidéo. De nombreuses interpellations ont été réalisées.

L’utilisation des chevaux comme une arme

Journalistes, étudiants à l’ESJ, photographes, ont été chargés par les forces de l’ordre à l’aide de chevaux afin d’obstruer d’abord la prise de vue de la nasse et les arrestations par la suite. Cela constitue une entrave à la liberté de la presse, qui est de plus en plus mise entre parenthèses à Lille. Cette manifestation soulève, tout comme celles de la semaine dernière, beaucoup de questions, notamment à propos de la nécessité de charger journalistes, photo-reporter et étudiants de l’ESJ présents sur place.

Par Lise Sauvage

Outre l’emploi des chevaux dans le but d’intimider et d’effrayer, certains policiers n’ont pas hésité à faire preuve de mépris en direction des journalistes qui ne sont pas porteurs d’une carte de presse. En marge du cortège, un autre, qui en était pourtant pourvu, a également été malmené.

Rappelons que, pour obtenir la carte de presse, ces trois conditions doivent être obligatoirement réunies :

-> être employé régulièrement par une ou plusieurs entreprises de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée
-> exercer la profession de journaliste depuis trois mois consécutifs au moins pour la première demande
-> tirer de cette activité le principal de ses ressources, c’est-à-dire, plus de 50 % .

Le métier de pigiste ou de journaliste est un métier difficile, les revenus sont instables et beaucoup doivent subvenir à leur besoin en ayant une autre activité aux abords. Cela ne fait pas moins d’eux des journalistes.

Par Kevin Piotrowski

Désormais, un nouvel appel à manifester circule déjà. Un rassemblement est organisé à Paris le samedi 13 juin à l’appel d’Assa Traoré. Une autre manifestation est également annoncé à Lille.

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