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Politique : Entre tensions et règlements de comptes, la difficile refonte du FN

Les résultats des dernières élections nationales, se font encore sentir au sein des partis politiques traditionnels. Changement de direction et schismes au sein du Parti Socialiste (PS), divisions des Républicains (LR), divorce entre Yannick Jadot et Benoît Hamon, licenciement chez Europe Ecologie Les Verts (EELV) … le Front National ne fait pas exception à la règle. Malgré des scores historiques pour ce parti d’extrême droite qui n’a jamais eu autant d’électeurs, le parti de Marine Le Pen n’a pas su remporter l’élection présidentielle et n’a obtenu que 8 députés à l’Assemblé Nationale lors des dernières élections législatives.
En proie à des divisions idéologiques au sein de son bureau, notamment entre Marine Le Pen et son bras droit Florian Philippot, le FN a décidé de se réunir en séminaire de « refondation » ce 22 et 23 juillet pour décider l’avenir du parti et pour expliquer les raisons des défaites de 2017. Une quarantaine de cadres du parti se sont donc rassemblé à huit clos pour « tout refonder » selon les mots de Marine Le Pen. Comme durant le dernier séminaire de janvier 2016, les questionnements reste les même : changement du nom du parti pour s’affranchir l’héritage de Jean-Marie Le Pen, division des cadres, place de Marine Le Pen, questionnement idéologique sur le programme, fonctionnement du parti…
Pour Jean-Lin Lacapelle, secrétaire national aux fédérations et à l’implantation du Front National, ces 15 heures séminaire fut studieuses, enrichissantes et productives. Plus précisément ce séminaire du parti c’est articulé autour de sept commissions de travail thématiques dont les rapporteurs ont présentés devant le bureau politique leurs proposition en travaillant « sur la ‘formule des 3 F’ : le Fond, la Forme, le Fonctionnement ».
Sur le fond, cette réunion a modifié le programme proposé par le parti. Même si, comme un communiqué de presse du FN le précise, les cadres du parti « ont unanimement réaffirmé leur attachement à la souveraineté de notre nation comme objectif fondamental de notre mouvement politique », leurs priorités ont changé. Exit la sortie de l’euro, la priorité est donnée à la souveraineté territoriale avec la fermeture des frontière avec la sortie de l’espace Schengen. Cette proposition, mettant la sortie de l’euro en dernière place pour la souveraineté nationale dans leur programme, avait déjà était énoncé par Marine Le Pen à la suite de la campagne présidentielle. Cette décision fut prise afin de prendre en compte les inquiétudes des français sur cette question. Mais cela ravive les tensions entre Marine Le Pen, présidente du parti, et sont numéro 2, Florian Philippot. Attaché à la priorité de la sortie de l’euro, il avait menacé de quitter le parti si le FN ne maintenait pas la sortie de l’euro dans son programme.
Sur la forme, la question principale fut celle de l’élargissement de l’électorat du FN, notamment au niveau local. Grande nouveauté pour le parti, les cadres se sont positionnés favorablement à des listes ouvertes avec des membres n’appartenant pas au FN sur le même modèle de l’élection de Robert Ménard, soutenue par le FN, à Béziers. Ainsi pour les élections municipale de 2020, les listes du Front National pourront accepter des membres n’étant pas encarté ou étant encarté d’autres partis d’extrême droite. Le séminaire est également revenu sur la campagne présidentielle et législative. Certains ont encore pointé les responsabilités de Florian Philippot qui avait lancé l’association « Les Patriotes » au sein même du FN. Cette association de Florian Philippot qui se voulait être un « large rassemblement » pour « défendre et porter le message de Marine Le Pen » fut considérait par certains cadre du FN comme un brouillage des messages de la campagne de Marine Le Pen.
Concernant le fonctionnement, le FN n’a pas l’intention de modifier son organisation avant le 16e congrès du parti qui devrait se tenir en mars 2018. Les cadres du parti n’ont donc pas crédité d’un avis favorable la proposition du vice-président, Louis Aliot, qui proposé la démission du bureau exécutif. Le changement de nom du parti, proposé par Marine Le Pen, n’eut aucune opposition des cadres mais cette décision est reportée au congrès de mars 2018. Cette proposition ayant pour but d’une part de supprimer l’héritage de Jean-Marie Le Pen et de modifier ce nom considéré par les dirigeant du parti comme anxiogène.
L’ensemble des propositions émanant de cette réunion sera soumis à l’approbation des militants FN en fin d’année, mais déjà des contestations se font entendre, notamment chez d’anciens cadre du parti ayant quitté le partie après l’exclusion de Jean Marie Le Pen. Carl Lang, ancien secrétaire générale du partie et ancien vice-président, considère que « le problème, ce n’est pas le parti » mais c’est Marine Le Pen. Ou encore pour l’ancien vice-président Jean-Claude Martinez, le FN a « un cœur nucléaire » et il considère qu’il « ne sortira rien de ce séminaire » car la « seule responsable des défaites » est Marine Le Pen, elle-même. Au sein du parti, on minimise ces propos et ont affiche une unité, en précisant qu’il n’y a pas eu de règlement de compte durant le séminaire qu’y était attendue par les journalistes et experts comme un séminaire de règlement de compte suite à la défaite électoral.
Ce séminaire n’a pris, au final, aucune décision, mais a décidé des propositions qu’ils vont soumettre à l’avis des 83 000 adhérents que revendique le FN. Ils devront statuer en septembre et lors du congrès de mars 2018. Même si l’unité est de rigueur dans les cadres du FN les tensions internes furent exacerbées par ce séminaire, et cela ne devrait pas se calmer avec les prochaines échéances internes du parti … Affaire à suivre …
Publié le 25/07/2017 – 12:56
Par : Davy Loones
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