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Mobilité : La gare d’Hazebrouck pourrait perdre le TGV à partir du mois de décembre, enclavant davantage le Westhoek

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La gare d’Hazebrouck (photo) pourrait perdre le TGV et devenir une simple gare régionale à compter du mois de décembre 2019. / Photo : Gaël Autier

La rumeur qui courait depuis plusieurs mois semble se confirmer, près de neuf ans après la suppression de la desserte TGV reliant Paris à Saint-Omer, c’est désormais la liaison qui relie la capitale française à Dunkerque via Hazebrouck qui pourrait ne plus desservir le noeud ferroviaire du Westhoek. Les TGV circuleraient alors sur un nouvel itinéraire empruntant la LGV Nord via la gare de Lille-Europe à compter du mois de décembre 2019. Si cette décision était confirmée, la principale gare de Flandre intérieure perdra le TGV et deviendra une simple gare de desserte régionale, à l’image des gares de Béthune et de Lens, situées dans le département voisin du Pas-de-Calais.
En réaction à cette annonce, le conseil régional des « Hauts-de-France » a voté urgemment une motion demandant à la SNCF, opérateur ferroviaire français, de maintenir les dessertes régionales par TGV. Selon ce texte déposé par les élus UDI-Union centriste, la décision de la SNCF porte atteinte au « Droit fondamental de chaque citoyen à la mobilité ». La motion dénonce également une décision qui irait « à l’encontre de la mobilité des habitants de la région et du désenclavement des territoires » et pouvant avoir des « effets catastrophiques en termes d’aménagement du territoire, de développement économique et d’attractivité de ces villes desservies ».

La SNCF dément, mais les conseillers régionaux maintiennent la pression

Interpellés par les élus du conseil régional, des responsables de la SNCF ont démenti envisager la suppression des dessertes TGV reliant Paris au Westhoek, évoquant « l’évolution des dessertes ». Par ailleurs, si le service de presse de l’opérateur ferroviaire français réfute une telle décision, il évoque néanmoins des « changements » qui devraient être discutés avec les maires concernés entre mi-février et mi-mars.
Vraisemblablement peu convaincus, les élus ont insisté sur le fait que ces liaisons TGV sont « une nécessité pour nos territoires infrarégionaux (…) dans un contexte où les citoyens ont l’impression qu’il y a un abandon des territoires périphériques », selon Valérie Létard, présidente du groupe UDI qui a ajouté que « La SNCF peut faire ce qu’elle veut, mais il faudra assumer, et l’Etat avec, parce que c’est quand même une société dans laquelle l’action publique a un mot à dire. Tous ces choix ne se sont pas faits sans une consultation des gens qui s’occupent du transport au plus haut niveau« .

Jean-Pierre Bataille lance un appel à la mobilisation de la Flandre

L’annonce de cette décision, qui a rapidement été communiquée à la Communauté de Communes de Flandre Intérieure (CCFI), a été vivement critiquée par son Président. Mardi, Jean-Pierre Bataille a lancé un « appel à la mobilisation de la Flandre » contre l’éventuelle suppression des dessertes TGV quotidiennes qui permettent aux flamands du Westhoek de rallier Paris depuis Hazebrouck sans devoir se déplacer jusque dans la capitale des Flandres, à près de 40 kilomètres de là. « La SNCF est-elle restée sourde aux besoins de mobilité exprimée par les français ? » s’est-il interrogé, partageant la même inquiétude que Franck Dhersin, vice-président de la région Hauts-de-France aux transports selon qui, si la gare d’Hazebrouck ne perdrait pas le TGV, quatre des six allers-retours quotidiens pourraient être supprimés.

Le chantier « Pôle Gare » en suspens ?

Aujourd’hui, face à ce retrait éventuel du TGV de la gare d’Hazebrouck, la mairie d’Hazebrouck, qui n’a toujours pas été sollicitée par la SNCF en vue de négociations, et la Communauté de Communes de Flandre Intérieure, sont unanimes. Le chantier du « Pôle Gare », financé à hauteur de 25 Millions d’euros par la CCFI pourrait être mis en suspens : « Il est hors de question (…) de moderniser le Pôle Gare d’Hazebrouck s’il s’agit de remplacer les trains par des bus ! ». En effet, la mise en place de dessertes par autocar est l’une des pistes envisagées par la SNCF pour limiter l’enclavement ferroviaire du Westhoek.

Quelles conséquences concrètes pour les usagers ?

Avec le TGV, en février 2019, la principale agglomération de Flandre Intérieure est à environ 1h50 de la capitale française. Si la desserte venait à disparaître, les habitants devraient alors d’abord emprunter un train régional, dont la ponctualité n’est pas toujours assurée, pour se diriger vers Arras, Dunkerque ou Lille, ce que fustigent dores et déjà les usagers, qui reprochent à la SNCF de « faire des économies sur le dos des voyageurs ».
En cas de disparition de la ligne TGV Paris – Hazebrouck – Dunkerque, les temps de parcours seraient largement rallongés (un trajet Hazebrouck – Paris dure actuellement entre 1h48 et 1h55) :
– Un trajet via Arras durerait environ 2h14, soit avec un excédent de près de 20 mn.
– Un trajet via Dunkerque durerait entre 2h36 et 3h25, soit avec un excédent de 40 mn à 1h30.
– Un trajet via Lille durerait entre 2h05 et 2h24 , soit avec un excédent de 10 à 30 mn.

Publié le 02/02/2019 – 21:25
Par : Gaël Autier
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