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Lille : Les opposants à la politique gouvernementale contestent le recours au 49-3, des incidents et atteintes à la liberté de la presse samedi soir

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Photo : Kévin Piotrowski

La tension remonte d’un cran. Une semaine après les violents affrontements qui avaient opposé militants antigouvernementaux et forces de l’ordre, de nouvelles frictions s’emparent de la région flamande, et de sa capitale. Samedi soir, vers 20h30, quelques heures après l’annonce de ce que beaucoup considèrent comme un « passage en force » ou une « dérive autoritaire supplémentaire », des rassemblements spontanés se sont constitués. Ce fut notamment le cas à Lille, où près de 150 à 200 personnes ont convergé vers la Place de la République, avant de s’élancer dans les rues du centre-ville, aux cris de « 49-3, on n’en veut pas ! » et « Macron Démission ! »​.

Intimidations et énièmes atteintes à la liberté de la presse

Très rapidement, la situation se tend. Invectives et insultes émanent des manifestants, mais également de policiers et de membres des renseignements territoriaux (ex-RG), contribuant à exacerber une défiance mutuelle, déjà présente depuis plusieurs mois. En marge de cette confrontation, plusieurs manifestants, ainsi que Kévin Piotrowski et Quentin Saison, respectivement journaliste et étudiant à l’ESJ, sont interpellés, fouillés, violentés, et leurs identités relevées, avant qu’ils ne soient finalement relâchés, mais sommés de quitter les lieux sans pouvoir couvrir la suite de la marche. Dimanche matin, celui qui couvre les manifestations antigouvernementales depuis la fin de l’année 2018, se dit humilié, mais déterminé :

« Le ton est vite monté, on nous a tutoyé, ordonné de nous asseoir par terre. La suite du contrôle s’est poursuivie dans le même élan. Des policiers nous ont invectivé, avec des termes tels que « On doit pas faire d’études pour être journaliste ? », alors que ceci n’est pas obligatoire. Ces intimidations ne nous empêchera pas de faire notre travail. Nous sommes encore plus motivés à porter un éclairage sur la situation qui se dégrade dans le pays » – Kévin Piotrowski, journaliste

Pour les deux jeunes hommes, dont les noms sont aujourd’hui connus de tous, les faits qui se sont produits samedi soir sont presque anodins. Le 11 janvier 2020, Kévin Piotrowski avait déjà été la cible d’un jet délibéré de grenade lacrymogène en sa direction. Celle-ci n’avait pas explosé, mais avait rebondi sur sa tête, et provoqué une blessure au niveau de son crâne. Au mois de décembre 2019, Quentin Saison avait été interpellé en marge d’un rassemblement contre la réforme des retraites, à Lille. Dimanche matin, l’indignation est palpable dans les rédactions indépendantes, et les promotions des écoles de journalisme de la région.
Dans la nuit de samedi 29 février, à dimanche 1er mars, de nouveaux rassemblements étaient annoncés dans plusieurs villes. De Lille à Dunkerque, les opposants à la politique gouvernementale entendent encore redire leur ferme intention d’empêcher l’application de ce projet de loi.

Publié le 01/03/2020 – 18:46
Par : Gaël Autier, Kévin Piotrowski
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