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Gilets jaunes : La mobilisation contre la politique du gouvernement devrait durer cette semaine en Flandre

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Des barrages filtrants ont été déployés en plusieurs points de Flandre, comme à Hallennes-Les-Haubourdin, ce mardi. / Photo : Gaël Autier

Malgré les dernières annonces du gouvernement français, les flamands sont restés mobilisés, ce lundi 19 novembre, contre la politique générale menée par l’exécutif, très remontés contre le Premier Ministre Edouard Philippe qui a affirmé « entendre » la colère populaire, mais refusant tout fléchissement de la politique libérale souhaitée par le Président français Emmanuel Macron.

Sept à huit actions recensées lundi

Tout au long de la journée, ce sont près de sept endroits stratégiques de la Flandre française qui ont été concernés par les actions des « gilets jaunes » qui ont perturbé la circulation en plusieurs points du territoire. Ce fut notamment le cas dans la métropole lilloise et sur le littoral où la mobilisation est plus forte que dans les zones rurales du Westhoek.
Dans l’agglomération de Lille, en cours de matinée, les manifestants ont joué au « jeu du chat et de la souris » avec les forces de l’ordre qui les ont délogé tour à tour de la zone commerciale « Unexpo » de Seclin, puis du Centre Régional du Transport (CRT) de Lesquin et enfin d’un rond-point situé au niveau de l’entrée du Marché d’Intérêt National (MIN) de Lomme où ces derniers ont tenté de mettre en place des barrages filtrants, avant l’intervention des CRS qui ont menacé de faire usage de gaz lacrymogène. A la suite de ces événements, un groupe de « gilets jaunes » s’est dirigé vers le centre commercial de Lens 2, dans le bassin minier et un second s’est rendu sur le parking du poste-frontière de Rekkem, sur l’autoroute A22, axe névralgique permettant de relier la capitale des Flandres aux Pays-Bas.
Au même moment, des opérations escargots se sont déroulées sur les autoroutes A1 et A25 où la circulation a été ralentie jusqu’en milieu de matinée, avant une fluidification progressive du trafic routier qui s’est ensuite très rapidement densifié à partir de quatorze heures trente à l’entrée de la zone d’activités du « Moulin Lamblin » à Hallennes-Lez-Haubourdin, au sud-ouest de Lille où près de soixante-dix personnes ont commencé la mise en place de barrages filtrants sur le rond-point permettant la jonction depuis la Rocade des Weppes (N41).
Ailleurs en Flandre, des barrages filtrants ont également été recensés près de l’entrée principale de l’usine « Roquette » à La Gorgue, au niveau de la Rocade de la Lys (D945), mais également au nord de la ville d’Hazebrouck, dans la zone commerciale de La Creule, tout comme dans le Faubourg de Cassel, au sud de Bergues, à Petite-Synthe et à Grande-Synthe où la mobilisation devrait également se poursuivre au moins jusque dans les prochains jours, en vue de l’entrée en grève de certains personnels médicaux et possiblement des routiers qui pourraient se joindre au mouvement à partir de la journée de mercredi.

Une mobilisation « bon enfant »

Dans la zone d’activités du « Moulin Lamblin » comme ailleurs dans la région, les manifestants ont tenu à rester pacifiques envers les forces de police et de gendarmerie déployées et les automobilistes et conducteurs routiers qui n’ont pas hésité à entamer un concert presque ininterrompu de klaxons et de sirènes pour manifester leur soutien aux « gilets jaunes » qui étaient près de soixante-dix à s’être réunis à Hallennes-Lez-Haubourdin en cours d’après-midi, sous l’oeil bienveillant des gendarmes venus encadrer le bon déroulement du rassemblement et qui se sont vus proposer des sandwichs et des boissons chaudes par les « gilets jaunes » qui ont également pris le temps de converser avec les conducteurs routiers et les automobilistes, même avec les moins réceptifs au mouvement qui étaient parfois excédés après avoir passé parfois près de trois quarts d’heure dans les embouteillages engendrés par les barrages filtrants.
Si vous souhaitez vous rendre dans la zone d’activités du « Moulin Lamblin », soyez toutefois prudents, puisque le barrage filtrant devrait être rétabli à compter de six heures du matin, mardi matin. Il vous faudra donc éviter le rond-point de La Colle si vous voulez éviter de rester englués dans les embouteillages.

Pourquoi le mouvement des « gilets jaunes » ?

Alors que beaucoup dénoncent le comportement « égoïste » des manifestants qui « protestent contre la hausse des taxes sur les carburants », il faut néanmoins préciser que la plupart des militants reprochent également au gouvernement et aux exécutifs successifs qui se sont succédé depuis plusieurs dizaines d’années d’avoir « oublié » une partie de la population qui se sent « délaissée et oubliée » au profit des « classes supérieures aisées voire très aisées ».
La grande majorité des « gilets jaunes » interrogés précisent donc que le mouvement toujours en cours en France et dans la région flamande exprime « un ras-le-bol général » que ressent une partie de la population vis-à-vis de la politique libérale menée par Emmanuel Macron que beaucoup accusent de vouloir « asphyxier les petites gens au profit des riches et des grosses entreprises ».
Quid de la transition écologique ? Là-encore, les « gilets jaunes » ont un avis tranché. Selon certains, « Nous savons qu’il est important de débuter sincèrement la transition vers une vie plus respectueuse de l’environnement, mais Emmanuel Macron discrédite totalement la raison écologique qu’il avance pour expliquer que la hausse des prix des carburants est nécessaire. Seulement, ce n’est pas en supprimant près de 9.000 kilomètres de lignes ferroviaires et en actant la privatisation des transports ferroviaires que les gens vont pouvoir se déplacer sans devoir utiliser leur véhicule personnel lorsque la distance à effectuer est supérieure à cinq kilomètres ». « La mesure aurait peut-être été plus acceptée sur le gouvernement n’avait pas annoncé la libéralisation du rail et avait décidé d’investir dans les infrastructures de transports en commun au préalable. N’oublions-pas, non plus que les prix des titres de transports est également en constante augmentation et cela n’encourage pas la population à laisser la voiture au garage, surtout dans les zones rurales où les petites gares et les lignes jugées non-rentables ne cessent de fermer. ».
En résumé, contrairement à certains dires, si la hausse des taxes imposées sur les carburants est « la goutte d’eau qui fait déborder le réservoir », le mouvement concentre aussi la colère de français désabusés qui se sentent à l’écart, marginalisés ou discriminés par le pouvoir en place. La contestation ne devrait donc pas s’essouffler rapidement, cette dernière cristallisant les revendications et les souffrances exprimées par les manifestants qui comptent maintenir la pression tant que le gouvernement n’aura pas cédé.

Publié le 19/11/2018 – 20:44
Par : Gaël Autier
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