Valentin Belleval sur l’autoroute A25 : « Une troisième voie, pour faire quoi ? »

Jeudi soir, Valentin Belleval était invité sur le plateau de l’émission « Nord Politiques », sur les chaines de télévisions locales de BFMTV (BFM Grand Lille et BFM Grand Littoral). Pendant près d’une demi-heure, l’élu a été interrogé sur plusieurs sujets attraits aux problématiques territoriales. Et parmi eux, la congestion grandissante de l’autoroute A25.

Mais si certains suggèrent la création d’une troisième voie de circulation, le Président de la communauté de communes de Flandre intérieure (CCFI) se montre plus mesuré. « Il faut remettre ça en perspective avec les enjeux qui sont les nôtres » a-t-il annoncé, avant de poursuivre : « La dette écologique qui pèse aujourd’hui sur chacun fait qu’on doit se poser les questions, au moment de faire ces nouvelles infrastructures, sur l’intérêt qu’elles représentent dans l’immédiat et sur les conséquences qu’elles ont pour demain ».

« Une troisième voie, pour faire quoi ? »

Pour celui qui est aussi maire d’Hazebrouck (Hazebroek), c’est donc davantage la question de la préservation de l’environnement et celle des nouveaux usages qui doivent se poser : « La vraie question de fond qu’il faut se poser, c’est : Une troisième voie, pour faire quoi ? ».

Toutefois, si Valentin Belleval se dit sceptique à cette troisième voie, il n’entend pas laisser ses concitoyens dans ce qu’il dit être une « galère ». « On a besoin de solutions qui soient durables », a-t-il a avancé jeudi soir. « Si troisième voie il y a, elle doit être réservée notamment à des covoitureurs, à des voitures aux énergies propres » précise-t-il, avant de rejeter définitivement l’éventualité d’un élargissement de l’axe pour tous les véhicules : « Les réalités d’il y a 60 ans ne sont plus forcément les enjeux d’aujourd’hui et de demain ».

Pour l’élu qui est aussi vice-Président du département du Nord (collectivité qui regroupe Flandre et Hainaut français ndlr), la recherche d’une solution à ce problème de congestion réside dans le développement d’usages alternatifs. Et parmi les possibilités retenues figurent l’incitation à l’emprunt des transports en commun ou le développement du covoiturage. « On est en développement d’une nouvelle aire (…) sur Steenvoorde » a-t-il détaillé. « Le fait est que, chaque voiture qui trouverait une solution autre que de monter sur l’A25 et, in fine, sur le périphérique de Lille, serait une solution » a-t-il encore appuyé.

« Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est de maintenir ce cadencement TER »

Et, pour transférer au mieux tout ou partie du flux incessant de voitures qui circulent sur l’autoroute qui traverse le Westhoek vers d’autres modes de transport, l’élu propose aussi « la création de hubs de mobilités » (entendez ici des pôles intermodaux ndlr) pour inciter les automobilistes à se reporter sur les transports en commun. Cela pourrait notamment se concrétiser autour des haltes, stations et gares desservies par la ligne ferroviaire qui relie Lille (Rijsel) à Dunkerque (Duinkerke) et Calais. « Ce que nous demandons aujourd’hui (…), c’est de maintenir ce cadencement TER, de l’améliorer » a-t-il énoncé, avant de conforter son propos : « On est quasiment sur un cadencement de RER parisien. Et c’est ce dont on a besoin pour désengorger aussi l’A25 ».

Il n’est toutefois pas certain que les usagers qui empruntent tous les jours les trains reliant le Westhoek à la capitale des Flandre l’entendent de cette oreille. Alors que l’importance de la fréquentation de cette ligne n’est plus à démontrer et que certaines rames sont quotidiennement bondées aux heures de pointe, le report d’usagers de la voiture n’améliorerait pas la situation. « Cela ne ferait que déplacer le problème » réagit-on vendredi matin sur les canaux de discussions entre usagers.

Sans augmentation de sa capacité de transport, il est évident que le raccord ferroviaire ne pourra par absorber, même partiellement, tout ou partie du flot de flamands qui empruntent l’A25.

Gratuité de l’autoroute : Stop ou encore ?

Quant à la question qui porte sur l’éventualité d’imposer un péage sur l’autoroute, Valentin Belleval adopte également un positionnement clair : « Cette terre a besoin (…) de pouvoir maintenir une autoroute gratuite pour ses travailleurs qui ont besoin de cette solution aujourd’hui » conclut-il, avant de reconnaitre à nouveau qu’il faut « travailler dès maintenant aux solutions du futur ». Le débat pourrait donc revenir dans les prochaines années, lorsque le trafic y sera moindre.

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