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À Lille, la « vélorution » impose sa « masse critique » et fait ralentir l’automobile

Revendiquer la place du vélo dans la ville. Telle est la motivation qui conduit, chaque mois, de très nombreux cyclistes à converger et former un imposant peloton dans les rues des agglomérations de Flandre et d’ailleurs.

Dans notre territoire, c’est à Lille que les rassemblements sont les plus fournis. Tous les derniers vendredis du mois, sur les coups de dix-neuf heures, la Grand’Place est prise d’assaut. Petits et grands, salariés et chefs d’entreprises et tous bords politiques se conjuguent avec le même souhait : Pouvoir se déplacer en toute sécurité.

A l’issue de quelques minutes de discussion et le rappel du mot d’ordre du jour, ce sont désormais les rues alentours qui voient l’imposant cortège s’y imposer. C’est là que débute la « masse critique ».

La « masse critique », mode d’emploi

Pour les parties prenantes des rassemblements mensuels, il s’agit de concentrer un nombre de cyclistes sur des axes très fréquentés par les véhicules à moteur. Par cette méthode, les organisateurs de la « vélorution » entendent « rendre visible une minorité souvent invisible », à savoir ici les usagers de la petite reine.

Concrètement, le flot de vélos est tel qu’il parvient à s’imposer au centre de la route, là où défilent habituellement les voitures et poids-lourds et place ces derniers au second plan. Les bicyclettes sont si nombreuses que les automobilistes se retrouvent en minorité et ne peuvent plus circuler aisément. Ces derniers se retrouvent alors dans la situation subie au quotidien par les cyclistes.

Mais, contrairement à ce que certains affirment, cette action n’a pas pour but de gêner ou de stigmatiser les conducteurs et passagers de véhicules à moteurs. De par cette dernière, les promoteurs du vélo vous le diront, il s’agit plutôt d’une campagne de sensibilisation au danger que peuvent représenter le manque d’infrastructures cohérentes et le comportement dangereux auxquels s’adonnent certains automobilistes, notamment lorsqu’ils stationnent ou circulent sur les voies cyclables.

Et si certains restent très opposés à la présence des vélos dans les rues, d’autres, plus ouverts, estiment que ces manifestations, qui visent indirectement les décideurs qui préfèrent souvent la voiture aux mobilités douces, sont justifiées.

Un vendredi au ralenti pour aller plus loin ?

Au-delà du vélo, certains militants semblent vouloir aller plus loin. Vendredi 28 août, c’est devant le nouveau centre commercial Lillenium (quartier de Lille-Sud) que les cyclistes se sont arrêtés. Pendant plusieurs minutes, le parvis du complexe a été assailli de vélos. But de l’opération ? Dénoncer le trafic automobile supplémentaire provoqué par l’afflux de clients dans cette partie d’une capitale des Flandres déjà insécuritaire au quotidien.

Quelques minutes auparavant, c’est autour du rond-point de la Porte des Postes que la circulation a été largement ralentie. Là-encore, le manque criant de voies sécurisées est pointé du doigt. Si une « piste » cyclable est bien tracée autour de l’anneau, le passage y reste dangereux.

Mais cette fois, certains s’interrogent. Les quelques slogans entonnés dans l’entrée du bâtiment ciblé ensuite ont provoqué un malaise. Selon les détracteurs de cette soirée, la présence de « quelques radicaux » issus du mouvement « Extinction Rébellion » (XR) aurait émaillé l’esprit initial de « vélorution » en voulant « faire de la récupération ». « Effectivement, une surface XL n’a pas sa place ici, mais il faut se mettre à la place des employés. Il y a d’autres moyens d’exprimer son mécontentement ». « L’image a été ternie » ont pointé du doigt plusieurs personnes sur les réseaux sociaux à l’issue du rassemblement.

Pas de quoi, néanmoins, entamer la détermination de la majorité du groupe qui reviendra fin-septembre, même lieu, même heure.

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