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Des manquements dans la continuité pédagogique à l’Université de Lille, les étudiants en colère

Depuis le début du confinement, beaucoup d’étudiants se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans savoir comment se dérouleront leur examens, quand, ni même s’ils auront lieu. Au cours des derniers jours, nous avons recueilli les témoignages d’une trentaine d’étudiants des campus de l’université de Lille. Aujourd’hui, la majorité d’entre-eux se disent très inquiets. Dans leurs témoignages, ils nous ont expliqué comment leur établissement gérait la continuité pédagogique, des travaux pratiques (TD) aux cours magistraux (CM), ainsi que les examens.

Le vendredi 10 avril, l’Université de Lille a diffusé un communiqué annonçant aux étudiants « la suppression de tous les cours en présentiel et l’organisation à distance de toutes les évaluations continues et terminales de la première session prévues à partir du 16 mars ».

Une continuité pédagogique très partielle

Si certains étudiants nous assurent que les professeurs restent compréhensifs et fournissent des cours adaptés sur la plateforme Moodle, d’autres déplorent une absence totale de cours et de réponses de leurs professeurs : « Les profs ont été très peu communiquants concernant les cours, il n’y avait communication seulement pour donner les dates des partiels…. Pas de précisions, peu d’informations dans les mails… Un seul prof a tenu à continuer la pédagogie à distance, mais on note un manque de respect incroyable envers les élèves. Toute ma classe pourrait en témoigner » nous confie une étudiante.

Il semblerait que le vécu de cette étudiante soit loin d’être un cas isolé ; des mails arrogants, des réponses provocantes, qui déstabilisent fortement les étudiants qui ne savent pas comment, ni s’ils valideront leur année. De même pour la continuité pédagogique, les professeurs publieraient, pour la plupart, très peu de cours, ou des contenus « copié, collé » d’internet selon une étudiante. Les étudiants attendent une plus grande communication entre les professeurs et les différents UFR, des réponses précises et rapides.

Des examens en ordre dispersé, et des aménagements annulés

Concernant les examens, les étudiants se désolent d’un cruel manque d’informations émanant différentes UFR. Les dates des partiels sont maintenues, sans pour autant en changer les conditions ; nous pensons particulièrement aux QCM qui sont réalisés dans des conditions différentes pour chacun. Les inégalités sont grandes, certains n’ont pas la possibilité d’avoir le calme nécessaire pour travailler, une famille compréhensive, une connexion internet stable ou un ordinateur. Dans leurs témoignages, les étudiants pointent du doigt les difficultés que rencontrent les étudiants en situation de handicap. Nous vous partageons ici le témoignage de Mathilde, étudiante en UFR Humanités :

« « Vous êtes dyslexique ? Est-ce que vous avez pensé à lire le dictionnaire ? », c’est ce qu’une professeur m’a répondu quand je lui ai dis que j’étais dyslexique et dysorthographique à la fin de son cours. En plus de la méconnaissance de ce trouble de l’apprentissage qui touche de 5 à 10% de la population, c’est la façon dont nous avons été mis de coté pendant les réflexions pour les partiels durant le confinement qui m’a le plus choqué. J’ai reçu plusieurs mails : Le premier nous disant que nous allions avoir trois semaines dès le 27 avril pour nos partiels, et le deuxième, un jour après le « début » prévu de nos examens on nous a annoncé que non, notre temps était limité à 11 jours, et ce, à partir du 19 mai. »

Mathilde, étudiante UFR Humanités

« Les trois semaines annoncées au préalable étaient sensées inclure les étudiants en situation de handicap, et leur permettre de composer sur un temps plus long. Dans les grandes lignes, pourquoi pas. En réalité, les élèves « dys » ont toujours des difficultés à s’adapter au rythme des autres élèves, aux professeurs incultes sur le sujet et très souvent l’établissement se contentait de nous donner notre tiers-temps et cela dans des conditions difficiles. Si nous bénéficions d’un aménagement, pourquoi nous accorder le même temps que les autres élèves ?
Aujourd’hui, nous savons que nous n’avons plus que 11 jours : aucune autre information communiquée. Moi, les étudiants dys, ne savons pas ce qui nous attend. »

Mathilde, étudiante UFR Humanités

« Le non respect de nos aménagements est un manquement à la loi. Depuis le début de ma scolarité j’ai dû me battre, faire des dizaines de réunions, des lettres, et des bilans orthophoniques pour y avoir droit. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Les étudiants en situation de handicap sont laissés de coté. Cependant, le parcours du combattant que j’ai dû affronter pour arriver en deuxième années d’étude supérieure m’a fait prendre conscience que jamais je ne devrais abandonner pour avoir accès à ce dont j’ai le droit. Le Bureau d’aide de la vie étudiante et du handicap ne nous ont fourni aucune information concernant le passage de nos examens, et nous redirige vers nos professeurs. Ils ne prennent pas la peine de répondre à nos mails. »

Mathilde, étudiante UFR Humanités

« Encore une fois, c’est aux étudiants en situation de handicap de s’adapter et non les professeurs.  »

Mathilde, étudiante UFR Humanités

Contactée, la FAEL (Fédération des associations étudiantes de Lille) rappelle qu’il est important de remonter toutes les informations aux différents UFR, et, en cas d’abus de certains professeurs, leur envoyer un mail. Elle invite donc les étudiants à se manifester auprès d’elle. La FAEL annonce qu’elle « fera tout son possible » pour que les étudiants inscrits dans les campus répartis autour de la capitale des Flandres puissent passer leurs examens dans les conditions les plus propices possibles, malgré la crise sanitaire.

Au moment de la publication de cet article, les instances supérieures de l’université de Lille n’avaient pas encore souhaité répondre à nos sollicitations. Un droit de réponse leur reste ouvert.

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