Grève du 31 janvier : La Flandre toujours très mobilisée contre la réforme des retraites

L’opposition à la réforme des retraites grandit et prend une dimension toujours plus historique en Flandre. À l’instar de la première journée de mobilisation qui s’est déroulée le 19 janvier dernier, la grève et les manifestations ont pris une ampleur très importante. C’est donc un nouveau pari pour la CGT, la CFDT, FO, Sud-Solidaires et leurs alliés.

Journée Flandre morte, bis repetita

Dès les premières heures de la matinée, le mécanisme de la vie du territoire s’est progressivement grippé. Aux alentours de six heures, les salariés du site pétrolier de Mardyck ont débrayé. Depuis lors, plus aucune expédition de carburant n’a été possible vers les points de distribution de la région. Plus à l’ouest, le fonctionnement de la centrale nucléaire de Gravelines (Gravelingen) a été ralenti. Son exploitant, EDF, annonçait que la production d’électricité était amoindrie.

Les transports à l’arrêt

Outre le secteur de l’énergie, celui des transports est également touché de plein fouet, et même davantage qu’il y a douze jours. Dans les grandes agglomérations, la plupart des bus et tramways restaient au dépôt. À Lille (Rijsel) et dans sa banlieue, le réseau Ilévia annonçait ainsi que plusieurs lignes fonctionnaient au ralenti ou pas du tout. La plupart des perturbations étaient ainsi enregistrées dans les secteurs de Roubaix (Robaais), Tourcoing (Toerkonje) ou encore Armentières (Armentiers). Autour de la cité de Jean Bart, les dessertes opérées par Dk’Bus ont pour la plupart été supprimées.

Au cœur de la ruralité, de nombreux conducteurs du réseau Arc-en-Ciel ont également fait le choix de ne pas prendre leurs postes. Mardi matin, certains secteurs de Flandre intérieure étaient ainsi privés de leurs autocars. C’est notamment le cas dans les monts de Flandre et la vallée de la Lys, où les lignes 907, 908, 909 et 911 étaient en grande partie à l’arrêt.

Le constat global valait aussi pour les services assurés par la SNCF. Déjà massivement suivi le 19 janvier, le mouvement de grève y a pris une ampleur encore plus massive. Conformément aux prévisions de circulation, quatre trains ont circulé sur la ligne ferroviaire du Westhoek. Parmi eux, un aller-retour Lille – Calais et une rotation reliant Lille à Hazebrouck (Haezebroek) ont bien sillonné le territoire. A contrario, la branche qui permet la jonction jusqu’à Dunkerque restait totalement paralysée.

Des barrages filtrants sur les routes

Aux alentours de la mi-journée, la sensation de calme apparent va progressivement s’estomper. Plusieurs barrages vont alors être installés sur les axes routiers de notre territoire. L’opération la plus importante sera menée par plusieurs centaines de personnes sur la Voie Rapide Urbaine (numérotée N356 ndlr), dans le quartier lillois de Fives. Pendant plusieurs dizaines de minutes, le trafic sera donc interrompu sur le lien qui relie le chef-lieu régional à Gand (Gent) et Anvers (Antwerpen).

Une nouvelle mobilisation historique en Flandre

En début d’après-midi, c’est dans le centre des villes que l’ambiance va progressivement se ranimer. Dans le sillage de la très importante mobilisation qui était recensée le 19 janvier dernier, une foule massive et compacte va prendre possession des rues. Au cœur de la capitale des Flandres, c’est une véritable marée humaine qui déferlera entre la Porte de Paris, la gare des Flandres, la Grand’Place, la rue Nationale et la place de la République. Dans une communion générale, syndiqués, non-syndiqués ou radicaux flamands issus du public comme du privé défileront ensemble aux côtés d’étudiants et de lycéens qui rejoignent la lutte. Pendant plusieurs heures, le rassemblement s’étendra à perte de vue sur plusieurs kilomètres. Au moment où les premières banderoles ont atteint le point de dispersion, les derniers drapeaux n’avaient pas encore quitté le point de départ.

Jusqu’à 75 000 manifestants dans les rues

Partout en Flandre, le nombre de manifestants était nettement supérieur lors de cet acte 2 contre la réforme des retraites. Selon plusieurs syndicats, jusqu’à 70 000 personnes ont défilé dans les rues de Lille (contre 40 à 50 000 le 19 janvier). Un chiffre toutefois nuancé par la CFDT et la préfecture qui évoquent chacun respectivement environ 30 000 et 15 000. Difficilement quantifiable, la mobilisation est estimée à près de 75 000 individus à l’échelle de tout notre territoire. Car, au même moment, au moins 10 000 opposants au projet de loi avaient pris part à la marche organisée à Dunkerque (contre 7 000 le 19 janvier). Il y a deux semaines, près de 60 000 personnes avaient déjà participé aux différents cortèges.

Forts de cette mobilisation record, les parties prenantes de l’intersyndicale ont déjà annoncé deux nouvelles journées de mobilisation. Mardi soir, les représentations nationales ordonnaient des mouvements de grève et des manifestations pour le mardi 7 et le samedi 11 février. En Flandre, toutes les forces syndicales et les régionalistes y participeront. Certaines forces appellent même à une troisième journée de mobilisation pour la journée du mercredi 8 février, date pour laquelle les salariés de la SNCF ont déjà déposé un préavis de grève.

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