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Grève du 19 janvier : Une très forte mobilisation et des manifestations historiques en Flandre

Le pari est réussi pour les syndicats. Alors que l’Assemblée nationale s’emparera bientôt du sujet de la réforme des retraites, plus d’un à deux millions de français sont descendus dans les rues pour s’y opposer. Parmi eux, les flamands étaient nombreux à répondre aux appels à cesser le travail, ce jeudi 19 janvier. La journée est déjà qualifiée d’historique par la plupart des observateurs.

Une grève très suivie dans toute la Flandre

Dès ce matin, la vie s’arrêtait peu à peu sur tout le territoire. Au cours des premières heures, plusieurs barrages filtrants ont été implantés dans la métropole lilloise. Ce fut notamment le cas autour du CRT de Lesquin, dont les accès étaient contrôlés par des syndicalistes. Très rapidement, des embouteillages se sont formés de part et d’autre des lieux de l’opération. Sur l’autoroute A1, les automobilistes pouvaient ainsi voir leur temps de parcours être rallongé d’une heure au plus fort de la perturbation.

Journée territoire mort

Plus au nord, les salariés du site pétrolier de Mardyck ont totalement stoppé la production de carburants. Dès six heures, les grévistes se sont installés aux entrées du site pour en bloquer l’accès. Ainsi, les près de 80 à 100 camions qui approvisionnent quotidiennement les stations-services de la région ne pourront pas remplir leurs citernes. Pour l’heure, ces dernières restent approvisionnées, mais la situation pourrait changer si le mouvement s’inscrit dans la durée. « On est organisés pour faire durer le conflit dans le temps », déclarait Clément Mortier, représentant syndical FO de TotalEnergies, auprès de nos confrères de France 3. Et cela pourrait durer « plusieurs semaines s’il le faut ».

Dans les petites et moyennes agglomérations, c’est un silence assourdissant qui s’installait. La plupart des établissements scolaires et services publics restaient portes closes. La même ambiance faisait loi dans les gares desservies par la ligne du Westhoek. De Lille (Rijsel) à la Flandre intérieure et à la mer du Nord, très peu de trains étaient prévus à la circulation. Usagers et riverains pouvaient ainsi attendre parfois plusieurs heures avant que ne revienne le bruit du crissement des roues sur les rails gelés.

Joyeux chahut dans les trains

À la mi-journée, l’ambiance va radicalement changer. Sur les quais de plusieurs stations, une foule compacte se masse pour embarquer dans les rames affrétées vers Lille-Flandres ou Dunkerque (Duinkerke). « Il ne faut pas louper la manif », commente un homme au crâne dégarni en gare de Bailleul (Belle). Accoudé à un bastingage, il se hâte pour prendre place face à la porte qui s’ouvre. « D’habitude je trouve que les français râlent trop, mais il y a des limites à l’abus. Emmanuel Macron et Elisabeth Borne doivent reculer sur cette réforme ».

Durant les vingt minutes qui suivront, l’atmosphère s’électrise. Munis de drapeaux, quelques régionalistes entonnent des slogans hostiles au gouvernement. « Macron, démission », peut-on entendre dans une partie du train alors que ces derniers sont rejoints par des syndiqués. Sous les regards amusés et approbateurs d’autres voyageurs en partance pour la capitale flamande, ils ne cherchent pas à justifier leur action. À leur descente dans le hall annexe de la gare en impasse, les plus attentifs repéreront immédiatement le fanion rouge placé près de la cabine conducteur. « Même les non-grévistes soutiennent la grève », commente alors un contrôleur SNCF.

« De mémoire de flamand, je n’ai jamais vu ça »

Dans le Ier arrondissement de Lille, les rues étaient noires de monde. – © Gaël Autier / Flandre Presse

Outre les nombreux employés des secteurs publics, les rangs de la contestation ont été grossis par ceux du privé, dont ceux de l’usine Roquette. Une première depuis de nombreuses années pour une mobilisation déjà qualifiée de « très forte ». Dans les rues de Lille et de Dunkerque, les opposants à la politique gouvernementale se sont appropriés un espace incommensurable. Dans la cité de Jean Bart, au moins 7.000 personnes se sont ainsi rassemblées pour déambuler dans le centre-ville.

Mais la mobilisation était encore plus importante dans le chef-lieu du département. En début d’après-midi, les rues du premier arrondissement de la ville étaient noires de monde. Mené par des individus vêtus de tenues sombres arborant des drapeaux jaunes ou tricolores, le cortège peinera à s’élancer de la Porte de Paris. L’afflux de manifestants sera tel que les véhicules des syndicats devront s’arrêter et s’espacer plusieurs fois pour s’adapter à l’étirement du défilé.

Très vite, la CGT et la CFDT montraient leur satisfaction. Sur les estrades mobiles, les représentants des différentes représentations affichaient un large sourire. Autour d’eux, la chaussée et les très larges trottoirs de la rue Faidherbe étaient envahis d’un même peuple uni. De tous âges, de toutes situations sociales et de toutes confessions politiques, les manifestants vont alors s’étirer sur les trois kilomètres de l’itinéraire prévu entre l’hôtel de ville et la place de la République via l’hyper-centre de la ville. « De mémoire de flamand, je n’ai jamais vu ça », observe pétillant à 16h20 un syndicaliste hazebrouckois demeuré en queue de cortège. « Nous quittons à peine la porte de Paris alors que c’est plein à Répu ».

Une mobilisation historique

En fin de journée, l’ensemble des sources policières, médiatiques et syndicales s’accordent sur un point : La mobilisation a été plus forte que prévu, notamment dans les entreprises. Selon diverses estimations, entre 30.000 et 50.000 personnes se sont rassemblées dans les rues de la capitale des Flandres. Un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis au moins une décennie.

De nouvelles grèves et manifestations attendues le 31 janvier

Jeudi soir, l’intersyndicale n’entend pas reproduire immédiatement une nouvelle démonstration de force. Initialement envisagée le 26 janvier, la prochaine journée de mobilisation générale se déroulera finalement le mardi 31. La situation devrait donc progressivement revenir à la normale dès vendredi matin dans la plupart des entreprises et services publics. Exception faite toutefois de la SNCF où des perturbations pourront subsister jusqu’à la mi-journée.

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